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Points de vue

Temps de lecture : 3 min

28/03/2025

La robustesse sociale au coeur de la transmission agricole et du renouvellement des générations

Avec le départ de la moitié des agriculteurs à la retraite d’ici 5 ans, la question de la transmission des exploitations dépasse désormais la simple cession foncière. C’est aussi l’organisation sociale des fermes qui est en jeu. Le modèle classique, centré sur un homme ou une femme clé – souvent le chef ou la cheffe d’exploitation – s’efface peu à peu au profit de structures où la délégation des travaux (ETA) ou le recours au salariat redéfinissent les règles du jeu.  Derrière ces nouveaux modes d’organisation au travail se dessine un enjeu majeur : assurer la robustesse sociale des fermes pour mieux préparer l’avenir.

Transmettre une ferme c’est aller bien au-delà de la transmission d’un capital foncier ou de la mise en fermage de ses terres, c’est parvenir à transmettre un savoir-faire, des compétences organisationnelles et de gestion du temps.

Si la chaîne de valeur a conscience du surcoût des pratiques lié à la transition environnementale (carbone, biodiversité), il faudra aussi composer avec un changement social et organisationnel qui impactera les structures de coût. Attirer des jeunes générations, attirer des salariés ou avoir recours à la délégation de travaux, nécessite une quantification du temps passé aux opérations dans la ferme mais aussi du temps administratif encore trop souvent masqué.

Les surcoûts organisationnels et humains de la transition restent encore largement sous-estimés. La ferme n’est pas seulement une entité économique, elle est une structure sociale où la réussite repose sur la capacité à planifier le travail, à maintenir le savoir et à savoir le transmettre dans la durée.

Dans un contexte où les attentes évoluent – équilibre de vie, quête de sens, reconnaissance sociale – le succès des transmissions dépend de la capacité des fermes à travailler leur marque employeur. C’est le sens du programme “Lean” dédié à l’efficacité opérationnelle qui a été lancé au sein d’Hectar cette année.

La robustesse sociale est d’autant plus cruciale que les défis auxquels font face les agriculteurs se complexifient. Le dérèglement climatique, la transition vers une agriculture bas carbone imposent une adaptation constante et des compétences techniques poussées. Assurer cette résilience face aux aléas ne peut se faire que dans un cadre organisationnel déjà structuré comme dans toute entreprise.

Capitaliser le savoir pour mieux transmettre de manière fluide et efficace est une de nos priorités stratégiques. L’intelligence artificielle pourra aussi jouer ici un rôle clé, en aidant à récupérer des données souvent orales des cédants, à structurer l’observation, à organiser les connaissances etc. Diriger une exploitation agricole ne se résume pas à produire. C’est gérer le temps, organiser l’espace et transmettre des compétences pour pérenniser une activité au-delà d’une seule génération. Dans cette perspective, la robustesse sociale n’est plus une option. Elle devient une nécessité.